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Vitamine D |
May 10, 2007
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Dr Penny A. Kendall-Reed
Naturopathe et directrice de clinique
Urban Wellness Clinic |
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Vitamine D
La vitamine D est une vitamine liposoluble essentielle au développement et à la bonne santé des os. Elle revêt également une importance capitale pour le système immunitaire, la prévention des maladies et le contrôle de nombreuses hormones.
La vitamine D est principalement produite au niveau de la peau sous l’action des rayons solaires. Les rayons UV provenant du soleil déclenchent la production de vitamine D au niveau de la peau. Ce qui est produit est une version globalement non active appelée carciférol. Le carciférol est alors transformé, tout d’abord dans le foie puis dans les reins, pour parvenir à sa forme la plus efficace et la plus assimilable pour l’organisme appelée 1, 25 dihyroxyvitamine D ou vitamine D3.
La vitamine D est également présente dans l’huile de foie de morue, le saumon, le thon ainsi que dans les produits laitiers et céréaliers fortifiés. Le soleil demeure toutefois la principale source de vitamine D. La quantité de lumière solaire nécessaire à la production de taux suffisants de vitamine D diffère d’une personne à l’autre en fonction du lieu d’habitation, de la force des rayons UV, de la couleur de la peau, de l’apport alimentaire ainsi que de la santé et de l’intégrité des reins et du foie. En moyenne, pour un adulte à la peau blanche, 15 à 20 minutes seulement d’exposition quotidienne à la lumière directe du soleil sur 40 % du corps sans écran solaire suffisent pour absorber et produire 2000 UI de vitamine D, si la force des rayons UV prévaut. La plupart des personnes, toutefois, ne bénéficient pas de cette exposition minime. Les nuages, l’ombre et les écrans solaires ont désormais réduit la production de vitamine D, dans une proportion pouvant atteindre 60 %. Ce pourcentage surpasse actuellement les niveaux les plus faibles produits durant les mois d’hiver dans les régions de l’Amérique du Nord (équivalents à 40 %).
À l’heure actuelle, les recommandations pour les personnes âgées de 50 ans et moins (à l’exception des femmes enceintes) ne sont que de 200 UI par jour. En ce qui concerne les personnes âgées de 51 à 70 ans, on suggère un apport quotidien de 400 UI et pour les personnes qui ont plus de 70 ans, 600 UI par jour sont recommandées. Toutefois, même avec ces doses, on constate, lors des examens, que les carences en vitamine D sont toujours généralisées. Ceci s’explique par bon nombre de facteurs, notamment l’utilisation d’écrans solaires, la mauvaise alimentation, la mauvaise fonction hépatique et rénale ainsi que le ralentissement de la fonction thyroïdienne. Actuellement, un apport quotidien de 1000 à 2000 UI est recommandé pour obtenir un effet thérapeutique, prévenir la maladie et faire contrepoids aux aspects du mode vie qui empêchent la vitamine D de jouer son rôle dans l’organisme.
Pourquoi la vitamine D est-elle si importante? Principalement pour la santé osseuse. La vitamine D3 active fonctionne comme une hormone puisqu’elle envoie un message aux intestins visant à faire augmenter l’absorption de calcium et de phosphore. De surcroît, elle contribue à réguler, au sein de l’organisme, les processus ostéoclastiques (bris osseux) et ostéoblastiques (formation osseuse) afin que la minéralisation osseuse se fasse correctement. La vitamine D joue également un rôle pour la coordination, la croissance, la force et le contrôle musculaires ainsi que durant le processus de rétablissement des muscles, à la suite d’une blessure. Ces caractéristiques principales concernant la vitamine D ne s’adressent pas uniquement aux athlètes, mais bien à l’ensemble de la population.
La vitamine D possède de nombreuses autres propriétés bénéfiques et importantes pour la santé, lesquelles sont toutefois moins connues. Il est prouvé cliniquement que la vitamine D contribue à réguler l’apoptose (mort cellulaire) dans les cas de cellules néoplastiques ou cancéreuses présentes dans le colon, le sein et la prostate. De plus, elle contribue à faire diminuer la CRP, l’interleukine-6 et les autres marqueurs inflammatoires responsables de l’arthrite, du cancer et de la plupart des maladies cardio-vasculaires. De surcroît, on a démontré que la vitamine D jouait un rôle en cas de diabète et de fatigue et lors du processus de perte de poids. Si l’on observe de plus près les études portant sur la relation qui existe entre la vitamine D et le cancer, on constate que, chez les hommes, le manque d’apport en vitamine D semble associé à des taux de mortalité et d’incidence de cancer accrus, particulièrement des cancers de l’appareil digestif. Une étude ayant suivi 4 286 personnes atteintes de cancer a permis d’établir que celles qui avaient les plus hauts taux de vitamine D dans le sang (25 nmol/L ou plus) enregistraient 17 % de réduction du cancer, 29 % de réduction de mortalité par cancer et 45 % de réduction du cancer associé à l’appareil digestif. En ce qui concerne la mortalité totale par cancer, les effets semblent être dépendants des doses reçues chez les personnes qui ont de faibles taux de vitamine D correspondant à 227 - 326 pour 1000 personnes, comparativement à 78-128 pour 1000 personnes enregistrés chez celles qui affichent des taux de vitamines D plus élevés.
D’autres études à l’initiative de la American Association for Cancer Research démontrent qu’un apport de 1500 UI de vitamine D peut contribuer à réduire, de 10 à 15 pour cent, les risques de contracter un cancer du sein et à réduire de 20 pour cent les risques de développer, pour les hommes, un cancer de la prostate.
La vitamine D joue également un rôle dans le contrôle et la régulation du diabète et du poids. Aujourd’hui, on associe de très près une carence en vitamine D avec une carence en insuline et une résistance à l’insuline. En fait, l’année dernière, on a démontré qu’une carence en vitamine D constituait probablement un facteur majeur dans le développement du diabète type 1, chez l’enfant. Les mécanismes sous-tendant ce lien ne sont pas encore totalement compris à l’heure actuelle; toutefois, la corrélation demeure forte et la recherche approfondie se poursuit.
Ce que l’on connaît à propos de la carence en vitamine D, toutefois, est le lien qu’elle présente avec l’obésité. On a récemment démontré que la vitamine D abaissait la sécrétion de leptine. La leptine est une hormone produite par les cellules adipeuses; lorsque les cellules adipeuses sont «pleines», elle envoie un signal au cerveau, ce qui a pour conséquence de le stimuler pour qu’il indique à l’organisme de mettre un terme au processus de faim et d’augmenter la combustion des graisses. Lorsque les taux de vitamine D sont insuffisants, le message de la leptine s’en trouve grandement affecté et cela engendre par conséquent une importante réduction du processus de combustion des graisses. De surcroît, l’obésité en elle-même aggrave probablement davantage la carence en vitamine D, en raison de la biodisponibilité moindre de la vitamine D 3 provenant de la peau et des apports alimentaires, biodisponibilité déposée dans la graisse corporelle. (Shi H, Norman AW, Okamura WH, Sen A, Zemel MB.1alpha,25-Dihydroxyvitamine D3 modulates human adipocyte metabolism via nongenomic action. FASEB J. décembre 2001;15(14):2751-3)
L’importance de la vitamine D se poursuit dans son rôle de réduction de la fatigue et de la dépression. La vitamine D active dans les glandes surrénales régule la tyrosine hydroxylase, son taux limitant l’enzyme nécessaire à la production de dopamine, d’adrénaline et de noradrénaline. Le manque de vitamine D peut engendrer un état de fatigue et de dépression. Les troubles affectifs saisonniers ont été traités avec succès avec de la vitamine D. Lors d’une étude récente couvrant 30 jours de traitement et comparant la prise de vitamine D avec 2 heures quotidiennes de « photothérapie », on a constaté que la dépression avait complètement disparue chez les membres du groupe prenant de la vitamine D mais non chez ceux qui faisaient de la photothérapie.
II est facile de constater l’importance des suppléments de vitamine D. Pour les athlètes qui ont besoin d’un rétablissement optimal des muscles et des os, d’une régulation énergétique et d’une saine gestion du poids, cette vitamine toute simple est un impératif. Toutefois, à une époque où le cancer et d’autres graves conditions physiques continuent d’augmenter, l’ensemble de la population devrait prendre en considération cette vitamine. Wharton B et Bishop N, Rikets, The Lancet 2003;362:1389-1400) 5 avril 2006, numéro du Journal of the National Cancer Institute, Dr. Gary G. Schwartz de l’Université Wake Forest, Winston-Salem, Caroline du Nord Hypponen E, Laara E, Reunanen A, Intake of vitamin D and risk of type 1 diabetes: a birth-cohort study. Lancet. 3 novembre;358(9292):1500-3.
Shi H, Norman AW, Okamura WH, Sen A, Zemel MB.1alpha,25-Dihydroxyvitamin D3 modulates human adipocyte metabolism via nongenomic action. FASEB J. décembre 2001;15(14):2751-3
Puchacz E, Stumpf WE, Stachowiak EK, Stachowiak MK. Vitamin D increases expression of the tyrosine hydroxylase gene in adrenal medullary cells. Brain Res.Mol.Brain Res. 1996;36:193-6.
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