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Vitamine E – Propriétés antioxydantes et bienfaits pour la santé |
juin 12, 2007
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A. J. Lança, M.D., Ph.D
Professeur assistant, département de Pharmacologie Faculté de médecine et de dentisterie
Université de Toronto |
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Vitamine E – Propriétés antioxydantes et bienfaits pour la santé
Un fonctionnement normal des cellules génère des produits oxydatifs qui s’accumulent dans les tissus du corps. Une augmentation anormale des processus oxydatifs, désignée aussi par stress oxydatif, se produit avec le vieillissement et certains problèmes de santé comme l’inflammation, le diabète et certaines maladies neurodégénératives (Valko et al., 2007; Zhang et Montine, 2004). Le stress oxydatif augmente la production des molécules susceptibles de causer des dommages, les radicaux libres, qui peuvent causer du tort aux composantes cellulaires comme la membrane, les protéines, voire le matériel génétique de la cellule, l’ADN.
En présence de certaines conditions physiologiques, plusieurs molécules antioxydantes comme l’alpha-tocophérol (forme de vitamine E), l’ascorbate (vitamine C) et le glutathion neutralisent les effets néfastes du stress oxydatif. L’apport en antioxydants comme les vitamines E, A et C, des minéraux (sélénium et zinc) et le lycopène est nécessaire pour prévenir les carences et pour rester en bonne santé. Des études sur des animaux et les humains ont démontré le lien entre un apport faible en vitamine E et une incidence accrue de maladies des nerfs périphériques (neuropathie périphérique) et musculaires (myopathie), d’athérosclérose, de troubles de l’appareil génital (prostate) et du système cardio-vasculaire (athérosclérose) et de maladies des yeux (cataractes et dégénérescence maculaire).
Les antioxydants ont un rôle d’élimination des radicaux et « ramassent » ou neutralisent les radicaux libres, empêchant ou réduisant ainsi les dommages causés aux cellules. On pourrait même avancer que l’interaction entre les radicaux libres et les molécules adipeuses des membranes cellulaires est ce qui cause les dommages les plus importants. Cela entraîne par la suite la peroxydation des lipides, un processus qui cause des dommages aux membranes cellulaires et qui présente un effet toxique sur la cellule pouvant aller jusqu’à la mort cellulaire (Valko et al., 2007). L’oxydation des lipoprotéines est généralement considérée comme essentielle à l’apparition de l’athérosclérose. En cas de processus inflammatoire, la production de radicaux libres nocifs dépasse en outre l’effet de protection des antioxydants et augmente les dommages causés aux cellules (Singh et al., 2005).
En 1922, on a isolé pour la première fois la vitamine E dans les légumes à feuilles vertes et, par la suite, en 1936, dans l’huile de germe de blé. La vitamine E comprend deux groupes principaux de substances connues sous les noms de tocophérols et de tocotriénols. Chaque substance comporte quatre variantes (a-, ß-, ?-, d-tocophérol) et (a-, ß-, ?-, d-tocotriénol). L’a-tocophérol, sous forme naturelle (d a-tocophérol) ou synthétique (dl a-tocophérol), est la forme de vitamine E la plus active sur le plan biologique. En plus des propriétés antioxydantes, il existe de nombreux rapports selon lesquels les tocophérols et les tocotriénols empêchent l’adhésion plaquettaire et qu’ils possèdent des propriétés neuroprotectives et de diminution du taux de cholestérol dans le sang ainsi que des propriétés antiapoptotiques (Sen et al., 2006).
De nombreuses études ont démontré que, même dans les pays développés, l’apport quotidien en vitamine E est souvent en deçà des niveaux recommandés. Une étude récente a révélé qu’environ 25 % des Allemandes âgées (entre 60 et 70 ans) présentent une carence en vitamine E (Wolters et al., 2006). Chez les fumeurs ainsi que chez les femmes plus jeunes (45 ans et moins), les taux de vitamine E sont en deçà de la normale (Faure et al., 2006; Galan et al., 2005). Ces résultats viennent corroborer des études antérieures révélant des écarts de biodisponibilité de la vitamine E chez les fumeurs et les non-fumeurs (Lodge, 2005).
La vitamine E réduit le cholestérol du plasma chez les animaux qui ont reçu une alimentation riche en matières grasses ainsi que chez les animaux présentant une prédisposition génétique à avoir un taux de cholestérol élevé (Weinberg, 2005). Il est intéressant de mentionner que les animaux présentant une prédisposition génétique à faire de l’hypercholestérolémie nécessitent une dose plus élevée de vitamine E que les animaux normaux afin de bénéficier de ses effets de protection. Une étude publiée récemment a fait état de l’effet bénéfique des suppléments de multivitamines et de minéraux dans la prévention de la peroxydation de lipides chez les humains (Machefer et al., 2007), ce qui a été corroboré par des études antérieures (Seppo et al., 2005).
Bien qu’il soit nécessaire d’effectuer de plus amples études pour mieux comprendre les avantages cliniques de l’administration à longue échéance de vitamine E sur le système cardiovasculaire, il a été démontré que cette vitamine réduit de 26 % l’incidence globale des troubles cardiovasculaires chez les femmes de 65 ans et plus (Lee et al., 2005). Un taux peu élevé de vitamine E a été associé à l’athérosclérose. L’apparition de ce trouble est associée à deux aspects principaux, soit l’alimentation et la prédisposition génétique. L’oxydation des lipoprotéines de basse densité (LDL ou « mauvais cholestérol ») joue un rôle essentiel dans l’étiologie de l’athérosclérose. Les propriétés antioxydantes de la vitamine E empêchent l’oxydation du LDL (Singh et al., 2005). Toutefois, les effets bénéfiques de la vitamine E dans la prévention de l’athérosclérose résultent non seulement de ses propriétés antioxydantes mais aussi de son action sur la régulation de l’expression génétique et du métabolisme (Stocker and Keaney, 2004). Cette vitamine empêche également l’agrégation plaquettaire (Murohara et al., 2002) et les procédés inflammatoires sous-jacents aux dommages causés aux vaisseaux sanguins (Violi et al, 2004).
En conclusion, la vitamine E joue un rôle important dans le maintien de la santé et la prévention des maladies associées au stress oxydatif. Un supplément équilibré et efficace d’antioxydants incluant de la vitamine E devrait tenir compte des écarts individuels et des exigences plus élevées des groupes plus vulnérables comme les femmes et les fumeurs.
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