 |
 |
Vitamine D : bienfaits pour la santé et mécanismes d’action |
août 7, 2008
|
 |
|
 |
 |
 |
Dr Joel J. Gagnier BA, ND, MSc, Ph.D. (ACND)
Agent scientifique en chef
Laboratoires Jamieson |
 |
 |
 |
|
 |
|
 |
 |
|
 |
| |
La vitamine D a beaucoup attiré l’attention dernièrement, du fait de certaines recherches récentes sur ses propriétés anticancéreuses. Les résultats de deux études très importantes indiquent que la vitamine D, en quantité supérieure à ce que nous consommons généralement (environ 1 000 UI par jour, en plus de ce que nous obtenons à partir de la nourriture et de la lumière du soleil), pourrait, dans une très large mesure, jouer un rôle protecteur contre les cancers. Plus précisément, la supplémentation en vitamine D pourrait réduire le risque de divers cancers dans une proportion allant jusqu’à 60 %.
La vitamine D est une vitamine liposoluble que nous pouvons obtenir à partir de certaines plantes, de certains poissons et, bien entendu, de la lumière du soleil. De façon plus précise, la plus grande part de notre vitamine D provient de l’exposition de notre peau au soleil (lumière ultraviolette B); de la vitamine D3 est alors formée, et celle-ci subit ensuite deux autres réactions enzymatiques pour aboutir à 1alpha,25-dihydroxyvitamine D [1,25(OH)2D], la forme de vitamine D la plus puissante. La plupart des effets physiologiques de la vitamine D dans l’organisme sont reliés à l’activité de 1,25(OH)2D.
Bon nombre des effets biologiques de 1,25(OH)2D sont médiés par un facteur de transcription nucléaire connu sous le nom de « récepteur de la vitamine D » (RVD). Après avoir pénétré dans le noyau d’une cellule, la vitamine D s’associe au RVD et favorise l’association de celui-ci au récepteur X de l’acide rétinoïque (RXR). En présence de 1,25(OH)2D, le complexe RVD/RXR lie de courtes séquences d’ADN et amorce une cascade d’interactions moléculaires qui modulent la transcription de certains gènes en particulier. 1,25(OH)2D assure la régulation de plus de 50 gènes dans les tissus de l’organisme. En outre, certaines réponses physiologiques à 1,25(OH)2D se produisent probablement en raison de la fixation à la membrane extérieure des cellules.
La forme active de la vitamine D a plusieurs fonctions dans l’organisme, notamment : l’équilibre calcique, la différenciation cellulaire, l’immunité, la sécrétion d’insuline et la régulation de la pression artérielle. La vitamine D fait que l’organisme accroît l’absorption intestinale du calcium, ainsi que la réabsorption de ce dernier au niveau des reins, et fait appel au calcium des os lorsque la concentration sanguine devient trop faible. La vitamine D favorise également la croissance et la différenciation appropriées des cellules, ce qui constitue l’un des mécanismes envisagés pour la prévention du cancer. De même, il semble bien que la vitamine D rehausse l’activité immunitaire et qu’elle inhibe l’auto-immunité. Enfin, il semble que la vitamine D réduise la quantité de rénine produite par l’organisme, une enzyme qui catalyse plusieurs réactions dans le système rénine-angiotensine, responsable de hausses de la pression artérielle. Ainsi, la vitamine D pourrait prévenir des hausses de la pression artérielle.
Les carences en vitamine D peuvent entraîner plusieurs maladies, notamment le rachitisme (défaut de minéralisation des os chez les enfants), l’ostéomalacie chez les adultes (os mous), ainsi que de la faiblesse musculaire et de la myalgie. Certains facteurs de risque de carence en vitamine D se dégagent clairement.
Par exemple, bien que l’allaitement maternel soit, en règle générale, favorable aux nourrissons, les bébés exclusivement nourris au sein sont à risque de carence en vitamine D. Les préparations pour nourrissons sont habituellement enrichies, mais on devrait donner aux enfants allaités au sein de 200 à1 000 UI supplémentaires de vitamine D par jour. Les personnes à la peau foncée devraient aussi utiliser des suppléments de vitamine D, de même que les personnes âgées (dont l’organisme ne produit pas aussi efficacement sa propre vitamine D). Également, les personnes qui, par leur style de vie, leurs convictions ethniques ou religieuses, couvrent la plus grande partie de leur peau sont elles aussi à risque d’une carence en vitamine D. Une exposition insuffisante au soleil, ou encore l’utilisation fréquente d’écrans solaires lors de l’exposition, augmentent également le risque de carence en vitamine D. Dans le même ordre d’idées, les personnes qui vivent au nord du 40e parallèle dans l’hémisphère Nord, ou bien au sud du 40e parallèle dans l’hémisphère Sud, sont susceptibles de ne pas obtenir une exposition solaire suffisante dans la période d’octobre à mars de chaque année, en raison de l’angle oblique extrême du soleil.
On conseille pour la plupart des gens une exposition solaire d’au moins 5 à 10 minutes sur les bras et les jambes, ou sur le visage et les bras, trois fois par semaine, entre 11 h et 14 h, au cours du printemps, de l’été et de l’automne; cela devrait fournir à un individu au teint pâle une quantité suffisante de vitamine D, et permettre la mise en réserve de tout surplus, qui servira durant l’hiver, et ce, avec un risque minimal de dommages à la peau.
Enfin, les personnes qui souffrent de syndromes de malabsorption des lipides (mucoviscidose ou maladie hépatique cholestatique), de maladies intestinales inflammatoires (particulièrement avec résections) ou d’obésité sont également susceptibles de présenter une carence en vitamine D.
Le tableau ci-dessous dresse la liste des apports suffisants de vitamine D (ces chiffres correspondent à la supposition qu’aucune vitamine D n’est produite par le soleil). À la lumière d’indications récentes, ces valeurs pourraient bien se révéler trop faibles. En fait, la Société canadienne du cancer conseille à tous les Canadiens adultes de prendre au moins 1 000 UI de vitamine D.
On a beaucoup fait de recherche sur la vitamine D ces 40 à 50 dernières années. Plus précisément, on a constaté que la vitamine D aidait à prévenir le cancer (colono-rectal, du sein, de la prostate), l’ostéoporose, les maladies auto-immunes, les maladies intestinales inflammatoires et l’hypertension artérielle.
Jamieson propose différents types de suppléments de vitamine D : Vitamine D 400 et Vitamine D 1 000, les deux sous forme de gélules. La supplémentation de vitamine D est très sûre; les limites supérieures sont fixées à plus de 2 000 UI pour la plupart des groupes d’âge. Cependant, les états pathologiques suivants, notamment, augmentent le risque d’hypercalcémie en réaction à la supplémentation de vitamine D : l’hyperparathyroïdie primaire, la sarcoïdose, la tuberculose et le lymphome.
Il est conseillé à toute personne qui souhaite prendre de grandes quantités de vitamine D de consulter au préalable un professionnel de la santé autorisé.
|
|
 |
 |
 |
| |
Tableau - apports de vitamine D |
|
 |
 |
 |
|
 |
|
 |