Votre santé actuelle et votre fertilité. Les raisons pour lesquelles la préconception est importante.

Le fait de mieux connaître son cycle menstruel pendant l’adolescence, la vingtaine et la trentaine ne consiste pas seulement à éviter d’être prise au dépourvu sans protection adéquate. En fait, le cycle menstruel est un signe vital qui peut fournir aux femmes des informations sur leur état de santé générale et sur leur fertilité.

Au cours du cycle menstruel, il s’opère une fluctuation hormonale qui libère un ovule (l’ovulation). Conséquemment, la muqueuse utérine s’épaissit pour se préparer à la grossesse. Si ce processus est décalé ou douloureux, c’est peut-être le signe d’un problème de santé sous-jacent qui pourrait nuire à la fertilité. Chez les femmes, les ovules (ou ovocytes) sont portés dès la naissance, ce qui signifie que les antécédents médicaux et les habitudes de vie peuvent provoquer un impact important sur la fertilité. Ces deux volets de la fertilité, c’est-à-dire un cycle menstruel sain et la qualité des ovules, peuvent être soutenus par certaines mesures et ce, des années précédant la fécondation. Parmi celles-ci, on compte le suivi du cycle menstruel, une saine alimentation et la prise de suppléments nutritionnels.  

Mieux connaître son cycle menstruel à travers la lentille de la fertilité.

Plusieurs femmes ont recours à une application (sur téléphone intelligent) pour suivre leur cycle menstruel et noter l’arrivée de leurs règles chaque mois. Outre le suivi des jours de flux, d’autres informations telles que l’observation de la glaire cervicale, les changements de température corporelle et d’autres symptômes ressentis au cours du cycle peuvent aider à savoir si le cycle favorise la fertilité. Ce suivi permet aussi d’identifier d’autres symptômes (comme la douleur) et leur fréquence. Il peut également aider les femmes à signaler si elles ont besoin de tests supplémentaires ou d’un soutien pour leur cycle menstruel. Parmi les symptômes du cycle menstruel qui peuvent influer sur la fertilité, on compte les cycles irréguliers (qui durent moins de 24 jours ou plus de 35 jours), l’apparition de taches ou de saignements irréguliers et les règles douloureuses nécessitant la prise de médicaments. Des cycles menstruels irréguliers peuvent indiquer un syndrome des ovaires polykystiques1, tandis que des règles douloureuses demandent un examen approfondi en vue de détecter une potentielle endométriose2. Ces deux conditions peuvent nuire à la fertilité. De nombreux problèmes de santé sont traités initialement par la pilule contraceptive orale. Et bien que la pilule puisse soulager certains symptômes chez les femmes plus jeunes, et qu’elle n’exerce pas d’impact négatif sur la fertilité3, elle peut toutefois masquer des problèmes de fertilité sous-jacents.

L’impact de la nutrition sur la fertilité.

Les ovules sont présents dans le corps des femmes à partir de la naissance jusqu’au moment de l’ovulation. Ceci signifie que l’alimentation et le mode de vie influencent la santé des ovules et exercent un impact sur la fertilité tout au long de la vie. De bons comportements alimentaires tels que manger suffisamment de fruits, choisir des protéines plus maigres et inclure des protéines d’origine végétale peuvent améliorer la saine fertilité4, tandis que d’autres nutriments comme les gras trans5, les sucres raffinés6 et la consommation d’alcool7 peuvent l’altérer. Les ovaires sont stimulés par l’entremise de la signalisation hormonale. De ce fait, ils libèrent un ovule chaque mois. Mais ce processus peut être perturbé par certains facteurs, notamment un excès de poids, une alimentation riche en sucres raffinés et en gras saturés ou une alimentation pauvre en marqueurs du régime méditerranéen, tels que les noix et les légumineuses 8,9. La santé ovarienne est également influencée par le taux d’antioxydants dans l’alimentation, entre autres par les régimes à base de fruits et de légumes10, par une consommation accrue de produits laitiers11 et par les régimes offrant un éventail d’antioxydants et de micronutriments qui réduisent les dommages cellulaires et qui améliorent la qualité des ovules10. Dans l’ensemble, consommer davantage de fruits et de légumes avant la conception permet d’améliorer la fertilité (des femmes et des couples), de tomber enceinte plus rapidement et de réduire les soins médicaux liés à la fertilité 4,12. Ces mesures simples peuvent faire partie d’un plan proactif de préconception visant à soutenir les femmes et les couples et ce, bien avant qu’ils ne soient prêts à concevoir.

Carences nutritionnelles courantes durant la période de préconception.

Même si les avantages de la prise d’une vitamine prénatale sont largement connus, plusieurs femmes omettent de prendre une vitamine comprenant de l’acide folique au cours de la préconception13. L’acide folique est un nutriment important pour la santé du bébé avant la conception et, en plus, il aide à prévenir les anomalies du tube neural. Les femmes peuvent être proactives en matière de fertilité en incluant à leur alimentation des micronutriments et des suppléments alimentaires pour favoriser leur planification avant la conception et leur santé générale.

Une approche proactive en matière de fertilité.

Même si elles ne sont pas tout à fait prêtes à concevoir, le mode de vie des femmes qui sont dans la vingtaine peut exercer un impact sur leur fertilité. Le fait de mieux connaître les signes et les symptômes d’un cycle menstruel sain peut inciter les femmes à se faire tester et à chercher du soutien avant la conception. De plus, l’adoption d’un mode de nutrition sain peut favoriser la santé globale. Certains nutriments tels que l’acide folique peuvent également favoriser une préconception saine et soutenir la santé et le bien-être général des femmes, et ce, des années avant qu’elles ne soient prêtes à concevoir.  

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