Les œstrogènes, le microbiome vaginal et le rôle des probiotiques dans la santé vaginale tout au long de la vie

Si vous souffrez d’infections urinaires, de candidose vulvo-vaginale ou de vaginose bactérienne (ou simplement pour en savoir plus à leur sujet), cet article est pour vous! Vous trouverez ci-dessous un aperçu scientifique (comprenant les résultats de recherches cliniques) élaboré avec la contribution du Dr Jordan Robertson, naturopathe de notre équipe vouée à l’éducation chez Jamieson Wellness. Alors, enfilez votre sarrau de laboratoire et lisez ce qui suit avec les lunettes d’un∙e scientifique. Vous en saurez davantage au sujet de la supplémentation quotidienne en probiotiques et de ses avantages qui vont bien au-delà de la santé digestive. De plus, nous vous présenterons quelques pistes pour réfléchir au sujet du mode de vie.

Le microbiome urogénital féminin dépend d’une relation fragile entre les niveaux d’hormones et les bactéries. Une altération de cette relation peut entraîner un déséquilibre microbien, des infections et de l’inconfort.

À la puberté, la montée des œstrogènes modifie les cellules et les tissus vaginaux ainsi que la colonisation bactérienne du tractus vaginal. À l’inverse, la ménopause rend les femmes plus vulnérables aux infections vaginales et urinaires. Les œstrogènes agissent de multiples façons sur le tractus vaginal. Entre autres, sur la maturation des tissus vaginaux, l’épaississement de l’épithélium vaginal et le maintien de la couche muqueuse protectrice du vagin. En outre, cette zone favorise la croissance et le maintien des bonnes bactéries appelées lactobacilles1. Elle crée également des conditions optimales pour la colonisation (et la domination) des souches de lactobacilles. Au fil des années, cette interaction entre les œstrogènes, le glycogène et les bactéries crée un environnement vaginal optimal, réduisant ainsi le risque d’infections urinaires, de candidose vulvo-vaginale et de vaginose bactérienne2.

Un microbiome vaginal sain inhibe la croissance de souches indésirables et pathogènes de multiples façons. Lorsque les lactobacilles dominent l’environnement, l’acidité du pH vaginal demeure stable, empêchant ainsi la formation et l’accumulation de biofilms bactériens tels que l’E. coli et le Gardnerella. De plus, ce phénomène empêche les bactéries indésirables d’adhérer aux voies urinaires1.

Les perturbations du microbiome vaginal peuvent être causées par :

  1. Les médicaments (surtout antimicrobiens)
  2. Les changements hormonaux (par le cycle menstruel normal)
  3. La grossesse
  4. La périménopause et la ménopause
  5. L’altération de l’immunité de l’hôte
  6. Les changements dans l’alimentation
  7. Le stress.

Cette perturbation du microbiome n’entraîne pas nécessairement l’élimination des souches saines, mais elle entraîne en revanche un déséquilibre bactérien, ce qui permet à d’autres souches de coloniser l’environnement.

L’hormonothérapie substitutive2 et les contraceptifs contenant des œstrogènes (COC, patch ou anneaux contraceptifs) maintiennent ou améliorent le microbiome vaginal et réduisent les infections telles que les infections urinaires, la vaginose bactérienne et la candidose vulvovaginale3. Un grand nombre de femmes qui utilisent des contraceptifs éprouvent des effets secondaires tels que la sécheresse vaginale et des douleurs lors de leurs relations sexuelles. Mais l’intégrité du microbiome est maintenue lorsque les femmes utilisent des contraceptifs qui contiennent des œstrogènes. Ceci diffère de l’atrophie vulvo-vaginale observée à la ménopause. Entre autres, ce phénomène altère la santé des tissus vaginaux et modifie le microbiome vaginal4. Il fut démontré que les contraceptifs sans œstrogènes, comme les contraceptifs à base de progestatif et le stérilet de cuivre, ont des effets négatifs sur le microbiome vaginal et peuvent augmenter les infections telles que la vaginose bactérienne 3,5.

Les probiotiques ont le potentiel d’influencer le microbiome vaginal et de réduire la colonisation d’espèces qui causent des infections et des symptômes désagréables. Les progrès effectués en matière de santé urogénitale par l’entremise de probiotiques ne se concentrent plus seulement sur la reconstitution des colonies bactériennes. Parmi les nouvelles avancées, on compte désormais l’utilisation thérapeutique de souches spéciales agissant contre les agents pathogènes6.

Le nombre d’études sur les probiotiques a augmenté de façon exponentielle au cours des 15 dernières années. Elles se sont concentrées à la fois sur la prévention des infections urogénitales et sur le traitement des infections, par une intervention seule ou combinée avec des médicaments antimicrobiens. L’administration de probiotiques par voie orale, entre autres les espèces Lactobacillus acidophilus, Lactobacillus reuteri, Lactobacillus plantarum, Lactobacillus rhamnosus et Bifidobacterium, améliore la colonisation vaginale, prouvant leur influence sur le type et la quantité de bactéries qui sont maintenues dans le vagin7. La littérature sur l’administration intravaginale de probiotiques est limitée, principalement parce que, dans de nombreuses juridictions, cette dernière relève de la classification de l’administration de médicaments par voie intravaginale. En outre, le financement et l’approbation sont difficiles à obtenir pour ces types d’essais cliniques. Les quelques études existantes sur les probiotiques vaginaux démontrent également une recolonisation du canal vaginal avec comme résultat une flore saine.

Une récente étude Cochrane a conclu que lorsque des probiotiques oraux ou vaginaux étaient ajoutés aux soins standard pour la candidose vaginale, les femmes connaissaient un taux de guérison mycologique plus élevé et un taux de rechute plus faible sur une période d’un mois par rapport aux soins standard seuls 8,9. Les avis sur l’utilisation de probiotiques en combinaison avec le métronidazole pour la vaginose bactérienne sont partagés, probablement en raison de la diversité des souches testées dans les différents essais cliniques comparatifs randomisés10. Il a été démontré que des souches spécifiques telles que L. rhamnosus et L. reuteri réduisent le nombre de bactéries et améliorent l’éradication lorsqu’elles sont associées à des soins standards11. Le rôle des probiotiques dans la vaginose bactérienne est de réduire les taux élevés de rechute et de réinfection12. L’utilisation de probiotiques pour prévenir les infections urinaires a surtout été effectuée chez les enfants13. Des études menées chez des femmes ménopausées montrent une réduction des taux de récurrence (de 6,8 à 3,3 infections par 12 mois) et une moindre résistance aux antibiotiques, mais les probiotiques ne se sont pas encore avérés aussi efficaces que l’antibiothérapie prophylactique chez les personnes souffrant d’infections urinaires récurrentes14.

Compte tenu de la similitude des symptômes génito-urinaires et de la fluctuation du microbiome en fonction des niveaux hormonaux, l’intérêt des probiotiques pour la santé et le bien-être génito-urinaires des femmes s’inscrit dans une évolution naturelle. La prise de souches probiotiques à différents moments de leur vie hormonale ajoutée aux soins médicaux a le potentiel d’améliorer les colonies vaginales et urinaires et de réduire le risque d’infection et d’inconfort chez les femmes. Bien que des études sur des souches spécifiques soient nécessaires pour établir des normes de traitement, il a été démontré que les probiotiques oraux en vente libre colonisent le tractus vaginal et améliorent la santé.

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  1. Amabebe, E. & Anumba, D. O. C. The Vaginal Microenvironment: The Physiologic Role of Lactobacilli. Front. Med. 5, (2018).
  2. Muhleisen, A. L. & Herbst-Kralovetz, M. M. Menopause and the vaginal microbiome. Maturitas 91, 42–50 (2016).
  3. Song, S. D. et al. Daily Vaginal Microbiota Fluctuations Associated with Natural Hormonal Cycle, Contraceptives, Diet, and Exercise. mSphere 5, (2020).
  4. Vodstrcil, L. A. et al. Hormonal contraception is associated with a reduced risk of bacterial vaginosis: a systematic review and meta-analysis. PloS One 8, e73055 (2013).
  5. Achilles, S. L. et al. Impact of contraceptive initiation on vaginal microbiota. Am. J. Obstet. Gynecol. 218, 622.e1-622.e10 (2018).
  6. Reid, G. Has knowledge of the vaginal microbiome altered approaches to health and disease? F1000Research 7, (2018).
  7. Mezzasalma, V. et al. Orally administered multispecies probiotic formulations to prevent uro-genital infections: a randomized placebo-controlled pilot study. Arch. Gynecol. Obstet. 295, 163–172 (2017).
  8. Barrientos-Durán, A., Fuentes-López, A., de Salazar, A., Plaza-Díaz, J. & García, F. Reviewing the Composition of Vaginal Microbiota: Inclusion of Nutrition and Probiotic Factors in the Maintenance of Eubiosis. Nutrients 12, (2020).
  9. Xie, H. Y. et al. Probiotics for vulvovaginal candidiasis in non‐pregnant women. Cochrane Database Syst. Rev. 2017, (2017).
  10. Tan, H., Fu, Y., Yang, C. & Ma, J. Effects of metronidazole combined probiotics over metronidazole alone for the treatment of bacterial vaginosis: a meta-analysis of randomized clinical trials. Arch. Gynecol. Obstet. 295, 1331–1339 (2017).
  11. Anukam, K. et al. Augmentation of antimicrobial metronidazole therapy of bacterial vaginosis with oral probiotic Lactobacillus rhamnosus GR-1 and Lactobacillus reuteri RC-14: randomized, double-blind, placebo controlled trial. Microbes Infect. 8, 1450–1454 (2006).
  12. Kim, J.-M. & Park, Y. J. Probiotics in the Prevention and Treatment of Postmenopausal Vaginal Infections: Review Article. J. Menopausal Med. 23, 139–145 (2017).
  13. Sihra, N., Goodman, A., Zakri, R., Sahai, A. & Malde, S. Nonantibiotic prevention and management of recurrent urinary tract infection. Nat. Rev. Urol. 15, 750–776 (2018).
  14. Beerepoot, M. A. J. et al. Lactobacilli vs antibiotics to prevent urinary tract infections: a randomized, double-blind, noninferiority trial in postmenopausal women. Arch. Intern. Med. 172, 704–712 (2012).